► Ecrire pour le théâtre : Les enjeux de l’écriture dramatique
de Marie-Christine Autant-Mathieu
Catégorie : Publications
Principales publications de Marie-Christine Autant-Mathieu sur le théâtre russe et soviétique : ouvrages personnels et collectifs, direction de numéros spéciaux de revues, chapitres d’ouvrages, études et articles parus dans des revues avec comités de lecture, parutions dans des revues nationales avec comité de lecture, ou résultant de colloques nationaux.
« Œuvres d’art communes », introduction à l’ouvrage Créer, ensemble. Points de vue sur les communautés artistiques. Ouvrage en fabrication aux Editions L’Entretemps, coll. Les Voies de l’acteur, 350 pages, une centaine d’illustrations.
« Les tournées du Théâtre d’Art de Moscou en Amérique du nord (1923-1927) : messianisme et pragmatisme », actes du colloque des 8 et 9 avril 2011 « Le Voyageur et l’émigré. Un monde décalé », sous la dir. de D. Gray, numéro spécial de Slavica Occitania.
Etude des différentes formes de représentation de la Révolution, y compris sous des formes satiriques ou épiques, oubliées de l’histoire officielle du théâtre soviétique.
« Les interprétations du système Delsarte sur la scène russe et soviétique (1910-1930) », étude pour le recueil des actes du colloque « François Delsarte. Mémoire et héritages », 18-19 novembre 2011, sous la dir. de Franck Waille et Christophe Damour. L’article est traduit en portugais pour la revue brésilienne d’Etudes de la présence, www.seer.ufgs.br/presenca
« Le théâtre comme lieu de mémoire. La mise en scène de Vie et destin de V. Grossman par Lev Dodine », étude pour le recueil des actes du colloque « Les représentations historiques et la réécriture du passé dans la Russie postsoviétique », 12-14 mai 2011, sous la dir. de K. Amacher et W. Berelowitch, éd. université de Genève.
« Perecityvaja Batum segodnja » Relire Batoum aujourd’hui », étude pour le recueil des actes du colloque des 22-24 septembre 2011, « Mikhaïl Bulgakov, ego vremja i my (M. Boulgakov, son époque et nous) », éd. Uniwersytet Jagiellonski, Krakow.
« Les expéditions, ciment de la communauté théâtrale. De Stanislavski à Dodine », in Créer, ensemble. Points de vue sur les communautés artistiques. Ouvrage en fabrication aux Editions L’Entretemps, coll. Les Voies de l’acteur, 350 pages, une centaine d’illustrations.
Le terme de « dégel », emprunté au roman d’llya Ehrenbourg (1954), recouvre pour les spécialistes de l’histoire politique une période relativement courte, allant du printemps 1953 (mort de Staline) à juin 1957 (victoire de Khrouchtchev sur le groupe antiparti). Il est employé ici pour toute la période khrouchtchévienne car le théâtre, s’il a subi les contrecoups de différentes phases de durcissement, n’en poursuit pas moins sa régénération, surtout entre 1956 (XXe Congrès) et 1964. Durant cette période, les hommes de théâtre dénoncent la pesanteur, voire l’absurdité des règlements administratifs, la hiérarchisation sclérosante des fonctions artistiques, l’autoritarisme des responsables à tous les niveaux : ministériel, régional, municipal. Le système des valeurs craque de toutes parts. La débâcle commence avec la mise en question du réalisme, la contestation de l’enseignement de Stanislavski, la nécessité d’inventer de nouveaux codes éthiques et esthétiques. La création « par la base » de deux collectifs phares : le Sovremennik (1956) et la Taganka (1964), prouve d’une part, le relâchement du dirigisme d’État et, d’autre part, la valorisation du compagnonnage qui s’oppose au collectivisme imposé. Déjà fortement discrédité par les attaques révisionnistes, les règles du réalisme socialiste s’assouplissent, ce qui permet un renouvellement des modes d’expression à tous les niveaux : écriture dramatique, jeu, décors, mise en scène.
1953-1964 : un fossé sépare ces deux dates. En un peu plus d’une décennie, le théâtre soviétique a bien changé et la marge de manœuvre des artistes s’est accrue. Même si le mécanisme de la libéralisation va s’enrayer et si l’élan réformateur va tourner court à la fin des années 1960, la période a été féconde. Elle a engendré les principaux metteurs en scène des deux décennies suivantes (Tovstonogov, Efros, Efremov. Zakharov, Ploutchek, Lioubimov). Et de nombreuses compagnies (Théâtre de la Satire et Grand Théâtre dramatique à Leningrad, Mossovet, Sovremennik, Taganka, Théâtre Central pour Enfants, Théâtre Maïakovski à Moscou) ont connu alors leurs premières heures de gloire.
Les références constantes, depuis 1987, à cette période si intensément chargée d’espoirs, montrent à quel point elle a compté dans l’histoire du pays et des individus. Les réformateurs des années cinquante deviendront trente ans plus tard des militants de la « perestroïka » et se lanceront une deuxième fois dans la bataille pour sortir de la stagnation, conquérir davantage de liberté, d’autonomie, de confiance de la part des autorités de tutelle. Mais leurs espoirs seront à nouveau déçus, car la Russie qui va émerger des cendres de l’URSS se détournera résolument des utopies communautaires, fraternelles et généreuses du « socialisme à visage humain » auquel nombre d’artistes et d’intellectuels avaient cru et croyaient encore.
► Le théâtre soviétique après Staline (1953-1964)
de Marie-Christine Autant-Mathieu
Présentation du travail de Lev Dodine, metteur en scène du Maly Theatre de Saint-Pétersbourg.Dans le sillage des Studios de Stanislavski, la troupe réunie et formée par Lev Dodine développe une éthique du travail théâtral tout en s’attachant à se faire le vecteur de la mémoire collective. Pour Dodine et ses compagnons, créer un spectacle équivaut à s’engager dans une nouvelle aventure autant théâtrale que vitale car l’art qui n’est rien d’autre qu’une autre façon de traverser la vie.